Le secteur des véhicules utilitaires est traditionnellement considéré comme un baromètre de l’économie macroéconomique. Actuellement, la reprise économique mondiale reste incertaine et l’évolution continue du paysage commercial entraîne des fluctuations fréquentes de la demande. Parallèlement, l’aggravation des réglementations environnementales à l’échelle mondiale pousse fortement le secteur vers une transformation rapide vers l’électrification et l’intelligence artificielle. Le développement rapide des technologies numériques, comme la conduite autonome et l’Internet des véhicules, ne se contente pas de transformer la forme des produits, mais pose aussi de nouveaux défis aux systèmes de recherche et développement ainsi qu’aux modèles opérationnels des entreprises.

En janvier 2026, le constructeur allemand de camions MAN Truck & Bus SE a lancé officiellement son vaste initiative de transformation « MAN 2030+ », conçue pour l’avenir.
Ce plan vise à renforcer de manière systématique la compétitivité des entreprises tout en assurant leur développement durable, autour de trois piliers : la réduction des coûts de production, l’optimisation de la structure des effectifs et l’investissement dans les technologies de demain. Dans un contexte marqué par l’électrification du secteur et une concurrence mondiale de plus en plus féroce, Mann s’efforce de tracer une voie unique alliant efficacité de transformation et stabilité organisationnelle.

Pour Mann, la pression financière est particulièrement concrète. En novembre 2025, le cabinet d’avocats spécialisé dans les affaires britannique Linklaters a soumis à Mann et à son groupe mère, Transsion, un rapport financier spécial. Ce rapport indique clairement que, sans une transformation majeure, l’entreprise pourrait perdre sa rentabilité dès 2028 au plus tôt. Pour maintenir un taux de marge d’environ 8 % et garantir sa capacité à investir continuellement dans de nouvelles technologies, Mann doit mettre en œuvre un vaste plan de réduction des coûts.

La priorité absolue de la réduction des coûts réside dans l’optimisation de la structure du personnel. Selon le plan Mann, au cours des dix prochaines années, l’entreprise supprimera environ 2 300 postes grâce à des baisses naturelles du personnel, notamment par retraitement, tout en limitant les recrutements à un niveau inférieur à celui des départements, afin d’assurer une baisse progressive et maîtrisée du nombre total d’employés. L’objectif est de réduire le nombre d’employés en Allemagne à environ 13 000 d’ici le milieu des années 2030. Par ailleurs, Mann continuera de recruter des stagiaires techniques (équivalents aux stagiaires en Chine) dans la plupart de ses usines, représentant au moins 2 % du personnel permanent, afin de réduire les coûts de main-d’œuvre tout en offrant des opportunités de formation aux nouveaux talents technologiques.

Par ailleurs, Mann offrira à ses employés allemands une garantie d’emploi jusqu’à la fin de l’année 2035, qui sera prolongée jusqu’à la fin de l’année 2040 en cas de performance satisfaisante. Cela signifie que, même si Mann ne parvient pas à atteindre ses objectifs en raison de problèmes opérationnels ou d’autres raisons, les licenciements seront évités autant que possible. De plus, sous la direction unifiée du groupe Transsion, la majorité des chercheurs et développeurs de Mann ont été transférés à TRATON R&D Germany GmbH (Transsion R&D Allemagne). Bien qu’ils ne fassent plus partie de la structure administrative de Mann, l’entreprise continuera à les protéger. Cette série d’opérations constitue le fondement du compromis conclu entre Mann et les syndicats, assurant la stabilité interne pendant la période de transition, évitant les conflits laboriaux violents et permettant une optimisation progressive de la structure du personnel de manière relativement douce et à faible coût social.Par ailleurs, Mann optimisera ses processus de production et de gestion, tout en combinant diverses mesures pour renforcer ses performances commerciales, afin d’atteindre une réduction des coûts d’environ 900 millions d’euros.

Le deuxième pilier du plan de réduction des coûts est le transfert de production. Des pays d’Europe de l’Est comme la Pologne, grâce à des réglementations plus souples, à des coûts de main-d’œuvre plus bas et à des conditions logistiques comparables à celles de l’Europe de l’Ouest, bénéficient d’une forte compétitivité en matière de coûts. Ces dernières années, MAN a renforcé ses investissements dans ses usines polonaises. Aujourd’hui, cette usine est l’une des plus grandes bases de production du groupe MAN et l’une des plus grandes usines européennes de véhicules commerciaux.

Le plan de transformation MAN 2030+ indique que la prochaine génération de véhicules commerciaux de MAN sera développée sur la base du système modulaire TRATON MODULAR SYSTEM (TMS), un système standardisé du groupe Traktor, afin de maximiser les synergies d’échelle avec des marques équivalentes telles que Scania. Cela signifie que les sous-assemblages, la cabine et le système de propulsion des véhicules commerciaux de MAN de nouvelle génération bénéficieront davantage de caractéristiques de « groupage », et la grande majorité sera produite dans l’usine polonaise. Par ailleurs, MAN prévoit d’investir dans la construction d’une usine de production de batteries en Europe de l’Est, afin de renforcer sa transition vers l’électrification.

Dans le cadre de son plan de transformation MAN 2030+, MAN investira près de 1 milliard d’euros dans ses usines en Allemagne, dont la majeure partie sera consacrée à l’usine de la région de Bavière, afin de maintenir cette base en tête en matière d’électrification, de numérisation et d’automatisation. Cette répartition des activités de production et d’investissement crée un schéma intéressant : l’Allemagne assure la technologie et la fabrication de pointe, tandis que la Pologne s’occupe de la production à grande échelle et sensible aux coûts. Cette complémentarité répond à la fois aux pressions de coûts et préserve ce qu’on appelle la « base industrielle » allemande.

En réalité, Mann n’est pas le premier constructeur européen du secteur des véhicules utilitaires à annoncer un plan de transition. Dès juillet 2025, Daimler Trucks avait lancé sa stratégie Stronger 2030, dans laquelle il était indiqué que, d’ici 2030, le groupe allait réduire ses coûts courants en Europe de plus d’un milliard d’euros — une démarche qui coïncide avec celle de Mann. Ces deux initiatives reflètent la difficulté typique auxquelles sont confrontés les constructeurs européens traditionnels de véhicules utilitaires, confrontés à la fois à la transition vers l’électrification, à une concurrence mondiale de plus en plus féroce et à des coûts d’exploitation locaux élevés.
Résumer le plan de transformation MAN 2030+ revient sans aucun doute à miser gros sur une stratégie soigneusement conçue. Le succès de ce projet dépend fortement de deux facteurs : la capacité à réduire efficacement les coûts, et la capacité à lancer en temps voulu de nouveaux produits et technologies capables de conquérir le marché. Un retard dans l’un ou l’autre domaine risque de freiner les objectifs financiers globaux et d’affaiblir la capacité d’investissement. Ce plan de transformation n’est pas seulement une « opération de sauvetage » pour MAN, mais aussi une initiative majeure de l’Allemagne et de l’Europe dans leur tentative de préserver la flamme de l’industrie manufacturière de pointe au cœur de la déindustrialisation. Maintenir une avance technologique et une valeur de marque dans la course contre les concurrents reste un défi à long terme pour MAN et tous les constructeurs européens de véhicules utilitaires. Pour nous, qui sommes loin en Chine, c’est aussi un avertissement profond. Merci de lire cet article !Vous ne voulez pas rater les dernières avancées mondiales du secteur des véhicules commerciaux ? Restez en ligne avec Tijia Véhicules Commerciaux et sa communauté européenne et américaine pour camions !
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